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BIBLIOBUS Littérature

17. Conclusion d’Ibn Djozay

Ibn Djozay dit : « Voilà la un de ce que j’ai rédigé, d’après l’écrit du cheikh Aboû’Abd Allah, Mohammed, fils de Bathoûthah (que Dieu l’honore !). Aucun homme intelligent ne méconnaîtra que ce cheikh ne soit le voyageur de l’époque. Celui qui dirait : « C’est le voyageur de cette religion ou de « cette nation musulmane », n’exagérerait pas. Notre cheikh, qui a pris le monde entier pour but de ses voyages, n’a choisi la capitale Fez pour demeure et pour patrie, après l’immense longueur de ses pérégrinations, que parce qu’il s’est bien assuré que notre maître (que Dieu l’assiste !) est le plus grand des rois de l’univers, celui qui possède le plus de mérites, qui multiplie le plus les bienfaits, qui a le plus de sollicitude pour ceux qui viennent le visiter, et qui donne le plus de protection aux personnages qui se consacrent à l’étude de la science.

« Il convient qu’un homme comme moi loue le Dieu très-haut, pour la grâce qu’il lui a faite dans sa jeunesse et dès le commencement de son émigraiion, de venir demeurer dans cette même capitale, que notre cheïkh n’a choisie qu’à la suite d’un voyage de vingt-cinq années. C’est là, en effet, une faveur inestimable, et que l’on ne saurait suffisamment payer de reconnaissance. Que le Dieu très-haut nous accorde son aide dans le service de notre maître le commandant des fidèles, qu’il fasse durer sur nous l’ombre de la protection, de la miséricorde de ce souverain, et qu’il le rétribue pour nous, qui ne sommes qu’une réunion d’étrangers dévoués à notre maître, de la plus illustre récompense que les bienfaiteurs puissent désirer !

« Ô Dieu ! puisque tu as élevé notre maître au-dessus des autres rois, au moyen de deux mérites, la science et la piété ; puisque tu l’as distingué par une grande douceur et par une intelligence solide, répands aussi sur son royaume les causes de la vigueur et de la puissance (littéral, allonge, pour son royaume, les cordes, etc.) ; fais-lui connaître les bienfaits du secours sublime et de la victoire éclatante ! Ô Dieu ! ô le plus miséricordieux des miséricordieux ! conserve l’empire dans la postérité de notre souverain, jusqu’au jour du dernier jugement ; réjouis-le dans sa personne, dans ses enfants, dans son royaume et dans ses sujets !

« Que la bénédiction de Dieu et le salut soient sur notre seigneur, notre maître, notre prophète Mahomet, qui est le sceau, ou le plus excellent des prophètes, et le chef des envoyés ! Louange à Dieu, maître des créatures !

« La transcription de cet ouvrage a été achevée dans le mois de safar de l’année 757 de l’hégire (février 1356 de J. C.). Que Dieu rétribue celui qui le copiera ! » *

 

* Le tire de ce dernier chapitre est en fait : Conclusion ou péroraison d’Ibn Djozay. Nous estimons que le terme péroraison est péjoratif et même très insultant pour l'auteur de ce récit et pour tous ses corrégligionnaires et compatriotes d'hier et d'aujoud'hui.  Sauf dans son acceptation "classique".

PÉRORAISON, subst. fém.

A. − RHÉT. Conclusion ou dernière partie d'un discours dans laquelle l'orateur rappelle, brièvement et de manière concise, l'essentiel de son propos et dont le but est d'emporter la conviction de l'auditoire (et éventuellement de l'entraîner par un appel aux sentiments, aux passions). Anton. exorde.Péroraison admirable, pathétique, véhémente; péroraison d'une oraison funèbre. De bruyantes acclamations accueillirent la péroraison du consul, et la multitude le reconduisit aux flambeaux comme un triomphateur (Mérimée, Conjur. Catilina, 1844, p.355).Dans son discours pour la réception du maréchal Pétain à l'Académie française, Paul Valéry déplore, en une péroraison vibrante, de voir les hommes se tuer entre eux (Benda, Fr. byz., 1945, p.253).V. acclamer ex. 9, exorde ex. 1:

1. Réduisez un avocat à la seule discussion du fait; ôtez-lui ses citations, ses amplifications, ses exordes, ses péroraisons, et vous verrez ce que deviendra l'éloquence du barreau... Jouy, Hermite, t.5, 1814, p.12.

− Péj. Discours emphatique. Pour l'instant il [mon père] me considère avec un sourire benoît, il est bien vengé des arguments obstinés que je pointais jadis entre ses belles péroraisons (Aymé, Vaurien, 1931, p.152).

B. − P. anal.1. Fam. Conclusion d'un entretien ou d'un texte. Ce matin, d'Anthouard nous assemble, et nous dit de quoi il s'agissait, mais bonnement, sans préambule ni péroraison (Courier, Lettres Fr. et Ital., 1804, p.678).Le rapport du directeur général (...) contenait même une péroraison très-flatteuse pour moi. La voici: (...) je supplie monseigneur d'accorder le titre de commis à ce jeune homme (Dumas père, Comment je devins aut. dram., 1833, introd., p.17):

2. ... Rocambole termina son plaidoyer par cette péroraison sentimentale: −S'il est quelqu'un à plaindre, mademoiselle, c'est peut-être ceux ou celui qui vous voient vous éloigner... peut-être pour toujours. Ponson du Terr.,Rocambole, t.4, 1859, p.320.

2. MUS. Dernière partie d'une composition. Nul n'ignore que la péroraison de cette merveilleuse symphonie [l'Ouverture des Maîtres Chanteurs de Wagner] est faite des chants principaux de l'ouvrage (Bruneau, Mus. hier et demain, 1906, p.143).Dans la Messe chorale de Gounod, le thème fugué du premier Agnus se retrouve, avec une autre présentation, au troisième; il est du reste suivi d'une longue, très longue péroraison en majeur (Potiron, Mus. église, 1945, p.110).

Prononc. et Orth.: [peʀ ɔ ʀ εzɔ ̃]. Ac. 1694, 1718: peroraison; dep. 1740: pé-. Étymol. et Hist. 1671 (Pomey). Empr., avec francisation d'apr. des mots tels queoraison*, au lat.peroratio «long discours, peroraison», dér. de perorare (pérorer*). Cf. 1506 Peroration à Madame (J. Lemaire de Belges, titre de la Préf. des Regrets de la dame infortunee, III, 187 ds Hug.). Fréq. abs. littér.: 83. Bbg. Quem. DDL t.5.

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