FOUCHER (Paul).

 

 

TOUT OU RIEN, in-8, 1834. — L’idée de ce livre est la double peinture d’une âme de femme douce, tendre, aimante, mais à la fois timorée, et n’osant jamais rien qu’à demi, et, tout à côté, d’une âme de jeune homme, bouillante, passionnée, jalouse, exigeante, égoïste et sombre à la façon moderne. Ces deux caractères sont vrais, et celui de la femme, de miss Hannah, intéresse par les nuances mêmes qui s’y succèdent et ne s’achèvent pas ; tout homme a rencontré ainsi dans le monde quelque femme douce, sensible, aimante, mais jusqu’à un certain degré seulement, et méfiante d’ailleurs, craintive, cédant aux considérations mondaines. Le caractère du héros, de sir James, est plus vrai qu’intéressant ; ce jeune homme, ombrageux, violent, déraisonnable, appelle sur sa tête et sur tout ce qui l’entoure un malheur qu’il crée par sa seule fantaisie ; il est organisé vivement pour aimer ; mais il gouverne mal cette puissance intérieure ; il a tout l’égoïsme aveugle de la passion, et jamais le sacrifice éclairé. Amoureux de miss Hannah, il la compromet d’abord par la fougue de ses manières ; quand elle a épousé lord Arthur, il la compromet par sa brusque invasion chez elle à l’heure de la nuit. Une fois le divorce obtenu, une fois Hannah devenue sa femme, au lieu d’être heureux, il devient jaloux du passé ; il se dévore en idée de ce qu’il n’a pas eu ; il est poursuivi par un souvenir comme si c’était une crainte. Toute cette subtilité de tourment est bien décrite, mais sir James n’y gagne pas en intérêt ; il lui manque une part de sacrifices et de désintéressement moral dans l’amour.

 

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