EMMANUEL GONZALÈS

 EMMANUEL GONZALÈS. (En société avec M. Molé-Gentilhomme.)

 

 

LA LUCIOLE, in-8, 1837. — Ce livre est un recueil contenant six nouvelles purement écrites, mais un peu diffuses et trop chargées de détails. Il est précédé d’une longue préface de M. Roland Bauchery, qui roule tout entière sur les vers luisants.

LE ROI DES ROSSIGNOLS, 2 vol. in-8, 1837. — Le Roi des rossignols est un de ces chanteurs qu’on désigne au théâtre sous le nom de soprano. — Lelio est le fils d’une courtisane napolitaine, que sa mère a vendu pour payer les dettes de jeu de son amant, c’est-à-dire que cette mère dénaturée a livré son fils pour quelques ducats, et on a fait de Lelio un soprano auquel son admirable voix a valu le surnom de Roi des rossignols. L’amant de sa mère ayant hérité d’un de ses oncles, renvoie la courtisane et reçoit dans son palais les plus célèbres artistes ; c’est à ce titre que Lelio est admis chez le prince Sylviano. Celui-ci était amoureux d’une honnête jeune fille nommée Stella, qui lui résistait ; espérant en avoir meilleur marché lorsqu’elle serait mariée, il eut l’idée bouffonne de donner à la jeune fille un époux commode et peu dangereux, et la maria au soprano, qui ne comprit que plus tard le rôle doublement infâme qu’on lui faisait jouer ; il osa se plaindre ; mais, par le crédit de Sylviano, il fut renfermé dans l’hôpital des fous, d’où il ne sortit que par l’intervention d’un voyageur qui le fit évader. Lelio était un jeune homme d’une admirable beauté, il inspira une violente passion à une dame de Puyrial, qui mourut de désespoir lorsqu’elle apprit son état. Lelio alla ensevelir sa misère au couvent de la Chartreuse. — Ce roman ne s’adresse pas précisément aux pensionnats de demoiselles ou aux maisons d’éducation ; c’est pour le monde qu’ont été tracées ces pages pleines de verve et d’éclat, écrites d’une façon tour à tour vive et dramatique, grave et légère, spirituelle et forte.

MANON LA DRAGONNE. — La Belgique s’étant soulevée contre l’Autriche, une femme se met à la tête du mouvement insurrectionnel, sonne le tocsin, construit des barricades, combat avec courage, et les vainqueurs saluent de leurs acclamations Manon la dragonne ! Après la victoire, Manon reprend son vrai nom et son vrai titre de comtesse de Feugères. Caliste, fille de la comtesse, a été sauvée dans l’insurrection par un jeune et beau patriote nommé Tony. Caliste aime Tony et la comtesse protége cette passion. Mais Mme de Feugères est sous la domination d’un certain Olivier, qui s’est fait affilier à la secte des illuminés pour vendre ses secrets ; condamné à mort par le tribunal occulte, il se sauve à Paris, emmenant avec lui Tony, la comtesse et sa fille. Tony conspire contre Robespierre et laisse surprendre par Olivier la liste des conjurés. Après avoir découvert cette trahison, Tony provoque Olivier et signe le cartel de son nom de famille, Tony Forster. Ce nom de Forster révèle à Olivier un terrible secret. Tony est son fils ! En vain veut-il alors le sauver ; Tony est arrêté, jugé et condamné. Olivier n’a d’autre ressource que de se faire mettre en prison avec lui et de partager son sort ; il lui demandera pardon au pied de l’échafaud. Un matin, le geôlier vient de faire l’appel des condamnés qui doivent marcher au supplice. On appelle Tony : Tony dort ; Olivier se présente à sa place, et expie ses fautes en mourant pour son fils. Le lendemain, la puissance de Robespierre s’écroule : la comtesse obtiens la liberté de Tony, et elle meurt en lui confiant le bonheur de sa fille. — Ce roman est un livre plein d’intérêt, et écrit avec une grande élégance.

 

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