DUDRÉZÈNE (Mlle S. V.).

Sophie Ulliac-Trémadeure

 

 

ÉLISKA, ou les Français en pays conquis. — Le roman d’Éliska est l’antithèse virile du drame de la Femme à deux maris. Le père d’Éliska a deux femmes. La seconde femme, qui a épousé son bien-aimé dans les catacombes, est tout étonnée un beau matin de savoir la première femme, qui était morte, réveillée de sa léthargie, et sur ses pieds comme auparavant. Le mari est obligé de revenir à la première, et la seconde, qu’il sacrifie par délicatesse, a, pendant cinq volumes, une suite non interrompue de chagrins et d’humiliations.

LA FORÊT DE WORONETZ, 4 vol. in-12, 1821. — La Forêt de Woronetz est un roman dont l’action se lie aux dernières guerres de Russie. L’auteur s’est attaché principalement à dépeindre les lieux et les mœurs divers des contrées que parcourent les personnages de son livre. Le héros de ce roman est un jeune colonel français, prisonnier de guerre, poursuivi par le boyard Ostrogolow, lequel est secondé par un certain abbé gascon, nommé Malfignac, qui s’attache à la perte de Mlle Irène, jeune Française intéressante, éprise du colonel. Un autre personnage remarquable est un prince tartare, qui ne le cède en rien aux grands seigneurs de l’Europe civilisée, par la puissante protection qu’il accorde aux dames. Enfin, les Cosaques et les Baskirs figurent aussi dans ce roman, où l’on remarque plusieurs épisodes qui ne manquent ni de grâce ni d’intérêt.

HENRI, ou l’Homme silencieux, 4 vol. in-12, 1824. — Ce roman est fondé sur le développement de cette moralité : « Ne juge point les hommes par le petit nombre d’être privilégiés ; vois plutôt leur faiblesse, et garde-toi de leur offrir les moyens de te tromper. » Le jeune Henri, second fils du duc de Morelande, éloigné de la maison paternelle, a été recueilli par un oncle, que sa famille croyait mort depuis longtemps, et que la singularité de sa conduite avait fait surnommer l’homme silencieux. À l’école de ce vieillard, mûri par l’infortune, l’éducation de Henri avait eu pour base d’austères principes de vertu ; mais malheureusement son âme, ornée de mille qualités, manquait de cette prudence qui les rend parfaites en dirigeant leur activités ; il s’obstinait à ne juger les hommes que d’après la droiture et la noblesse de ses propres sentiments. Une prévention si honorable, mais si dangereuse, le livre sans défense aux intrigues d’un misérable, qui, pour prix de la plus généreuse amitié, lui ravit la fortune et le nom de ses pères. Une lutte s’engage entre le bienfaiteur dépouillé et l’ingrat qui a osé se parer des ses dépouilles. Tous deux comparaissent devant la chambre des pairs, constituée en haute cour de justice pour juger l’accusation de substitution d’état, et l’auteur termine son ouvrage par une idée digne des plus grands maîtres : un ministre tout-puissant se repent, s’accuse d’avoir commis un acte arbitraire, et répare sa faute en faisant triompher l’innocence. — Des tableaux variés comme les diverses natures dont ils offrent l’image ; des différences de caractères, de mœurs et d’usages, entre deux peuples, marqués avec une précision toute pittoresque ; l’épisode d’Inez, si adroitement rattaché au sujet, et qui amène avec tant*** avec art dans un seul ensemble, qu’un intérêt toujours égal soutient et vivifie.

Nous connaissons encore de Mlle Dudrézène : Les Armoricaines, in-8, 1832.

 

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