DUCRAY-DUMINIL (F. G.)

 

DUCRAY-DUMINIL (F. G.), né à Paris en 1761, mort en 1819.

 

LES PETITS ORPHELINS DU HAMEAU, 4 vol. in-12, 1800. — Ducray-Duminil semble être parti d’un principe qui l’a dirigé uniquement dans toutes ses compositions, savoir, l’innocence et la faiblesse aux prises avec la force et la scélératesse ; presque tous ses héros sont des enfants : Lolotte et Fanfan, Alexis, petit Jacques et Georgette, Victor, Cœlina, Jeannette, Paul, Achille et Bénédict, tous ces héros ne sont pas âgés de plus de dix à douze ans, leur histoire plaît à l’imagination vive et ardente des enfants, et ils font bien plus d’impression sur l’esprit des jeunes lecteurs que des personnages dont les habitudes et les passions leur sont tout à fait étrangères. Y a-t-il rien, par exemple, de plus propre à frapper vivement des enfants que l’histoire des Petits Orphelins du hameau ? Combien ils doivent frémir lorsqu’ils voient ces jeunes orphelins dans la puissance de leur plus cruel ennemie, de cette châtelaine sans nom qui joue un rôle si effrayant dans l’ouvrage ! quelle doit être leur joie lorsqu’ils voient ces jeunes héros qui parviennent par leur prudence, leur adresse et leur courage, à se soustraire à tous les piéges dont ils sont environnés ? Sans doute les moyens employés par l’auteur ne sont pas toujours conformes à la plus exacte vraisemblance, mais ces défauts-là plaisent aux enfants, toujours amis du merveilleux. La morale de M. Ducray est d’ailleurs bien plus en action qu’en paroles ; elle est constamment douce, consolante, et admirablement appropriée à l’intelligence des enfants, pour lesquels il semble avoir pris la plume : aussi tous ses ouvrages ont-ils eu un grand succès, et il faut dire qu’ils l’ont mérité.

LE PETIT CARILLONNEUR, 4 vol. in-12, 1809. — Un enfant de deux ans et demi est abandonné aux Champs-Élysées ; recueilli par un ménétrier, il est confié à des personnes pauvres, qui l’élèvent, lui font croire qu’il est leur fils, et lui apprennent à jouer des airs sur un petit carillon portatif. Avec ce talent l’enfant excite l’intérêt, plusieurs personnes le remarquent et paraissent douter qu’il soit le fils de celui qui l’a élevé. Le nom de Dominique, qu’on lui a donné parce qu’on l’a trouvé sur ses papiers, devient tour à tour pour lui un sujet d’espérance et de terreur. Plusieurs inconnus ayant effrayé par leurs questions sa prétendue mère, elle l’envoie chez un curé de village, qui a soin de son éducation, et qui emploie le jeune homme à carillonner dans le clocher de la paroisse. Il est bientôt connu du seigneur, sur qui le nom de Dominique produit une impression mêlée d’effroi. Une famille riche s’offre pour protectrice du jeune homme ; une autre famille non moins riche et puissante lui tend des piéges, et paraît même en vouloir à sa vie. Continuellement ballotté par a crainte et l’espérance, Dominique se jette souvent entre les bras de ses ennemis croyant y trouver un asile ; à chaque instant on croit qu’il va périr, à chaque instant l’art du romancier le tire de dangers qui paraissent inévitables. Les événements se multiplient, et cependant le mystère de sa naissance ne se dévoile pas. Ce n’est qu’après de longues inquiétudes, de longues souffrances et les plus étonnantes aventures, que tout se découvre et que s’opère la réunion de tous les personnages qui avaient été dispersés et divisés depuis le commencement du récit. — Il y a beaucoup d’intérêt dans ce roman : l’auteur y sait habilement suspendre et retarder le dénoûment, que l’on croit deviner et saisir à chaque chapitre ; cet artifice force, en quelque sorte, à continuer la lecture sans interruption, et quand on quitte un volume on se hâte de prendre l’autre, parce qu’on croit toujours que l’on va y trouver le mot de l’énigme.

MADAME DE VALNOIR, ou l’École des familles, 4 vol. in-12, 1813. — Madame de Valnoir est une intrigante assez jolie, d’une éducation soignée, qui s’introduit dans une famille qu’elle abuse par de faux dehors, dans le but de se faire épouser par le comte Albert de Surville, riche propriétaire veuf d’une épouse adorée, aux mânes de laquelle il a fait élever un monument dans son parc. Madame de Valnoir flatte ses sentiments. Peu à peu elle affaiblit les regrets de Surville et lui inspire un tendre sentiment. Lorsqu’elle se croit sûre d’avoir fait impression sur son cœur, elle fait détruire le monument élevé à sa première épouse, et l’indispose contre sa fille chérie, la douce et intéressante Clary, que Surville finit par reléguer dans un couvent. Cependant une jeune fille nommée Angélique, que l’auteur a placée dans une situation mystérieuse, et un valet, nommé Saturnin, dévoué à son maître, parviennent à déjouer les intrigues de Mme de Valnoir, et à désabuser le comte de Surville, qui rend à Clary toute sa tendresse.

Nous connaissons encore de cet auteur : Alexis, ou la Maisonnette dans les bois, 4 vol. in-12, 1788. — Codicile sentimental, 2 vol. in-12, 1793. — Les Soirées de la Chaumière, 8 vol. in-12, 1794. — Cœlina, ou l’Enfant du mystère, 5 vol. in-12, 1798. — Victor, ou l’Enfant de la forêt, 4 vol. in-12, 1796. — Contes moraux de ma Grand’Tante, 2 vol. in-18, 1799. — Les cinquante Francs de Jeannette, 7 vol. in-12, 1799. — Les Déjeuners champêtres, 2 vol. in-18, 1800. — Paul, ou la Ferme abandonnée, 4 vol. in-12, 1800. — Les petits Orphelins du hameau, 4 vol. in-12, 1800. — Les Journées au village, 8 vol. in-18, 1804. — Elmonde, ou la Fille de l’hospice, 5 vol. in-12, 1805. — Lolotte et Fanfan, 4 vol. in-12, 1807. — Petit Jacques et Georgette, 4 vol. in-18, 1812. — La Fontaine Sainte-Catherine, 4 vol. in-12, 1813. — L’Ermitage Saint-Jacques, 4 vol. in-12, 1814. — Jean et Jeannette, 4 vol. in-12, 1816. — Contes des Fées, 3 vol. in-12, 1819. — Jules, ou le Toit paternel, 4 vol. in-12, 1821. — Émilie, 4 vol. in-12, 1822. — Les Veillées de ma Grand’Mère, 2 vol. in-18, 1827.

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