DUCLOS (Ch. Pinot)

DUCLOS (Charles Pinot), né à Dinan le 12 février 1704, mort le 26 mars 1772.

 

ACAJOU ET ZIRPHILE, conte composé sur les estampes du conte intitulé : Faunillane, ou l’Infante Jaune (par le comte de Tessin), in-4 et in-12, fig., 1744. — Ce conte fut composé à l’occasion d’une gageure : il s’agissait de remplir les sujets de quelques estampes bizarres dont on ignorait alors la destination. Duclos en vint à bout en composant le joli conte d’Acajou, qui a fourni au théâtre italien l’opéra comique de ce nom, qu’on a vu longtemps avec plaisir.

LES CONFESSIONS DU COMTE DE ***, in-12, 1762. — Admis de bonne heure dans la haute société, en même temps qu’il en goûtait les agréments en homme d’esprit, Duclos l’observait en homme de talent. Celui de dessiner des caractères était alors fort à la mode, surtout dans la société de Mme de T*** et dans celle de M. le comte de F***. La manière d’écrire de Duclos se prêtait merveilleusement à ce genre, aussi les Confessions du comte de D*** ne sont-elles qu’une galerie de portraits tous supérieurement tracés. Ce mérite, qui est le principal de cet ouvrage, suffit alors pour lui procurer un grand succès, d’autant plus que quiconque trace des caractères est sûr qu’on y mettra des noms, et la malignité ajoute à la vogue. On sait que Mme de Broglie, poussant un peu loin le jugement avantageux qu’elle avait porté de Rousseau, et croyant qu’il allait faire sensation dans Paris et devenir un homme à bonnes fortunes, lui donna pour guider son inexpérience un exemplaire des Confessions du comte de ***. « Ce livre, lui dit-elle, est un mentor dont vous aurez besoin dans le monde, et vous ferez bien de le consulter quelquefois. » — « J’ai gardé, dit Rousseau dans ses Confessions, plus de vingt ans cet exemplaire avec reconnaissance pour la main dont il venait, mais riant souvent de l’opinion que paraissait avoir cette dame de mon mérite galant. » Aujourd’hui ce roman, demeuré comme un ouvrage ingénieux et agréable, n’est pas mis au rang des premières productions de ce genre, parce qu’après tout ce n’est qu’un récit d’intrigues qui n’ont entre elles aucune liaison, et qu’il manque d’imagination et d’intérêt.

HISTOIRE DE LA BARONNE DE LUZ, in-12, 1741. — Ce roman, dont l’héroïne succombe toujours sans avoir jamais tort, semblait devoir obtenir un succès au moins égal à celui des Confessions ; mais on n’y vit avec raison que des aventures un peu forcées. L’auteur du livre avait oublié que les faiblesses d’une femme doivent être non-seulement excusables, mais intéressantes.

MÉMOIRE POUR SERVIR À L’HISTOIRE DES MŒURS DU XVIIIe SIÈCLE, in-12, 1750. — C’est un roman dans le genre des Confessions du comte de ***.

On a encore de Duclos : Mémoires secrets sur le règne de Louis XIV, la régence et le règne de Louis XV, 2 vol. in-8, 1790.

 

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