BAWR (Mme la comtesse de), née Chaugran.

 

 

 AUGUSTE ET FRÉDÉRIC, 2 vol.in-12, 1817. — Mme de Bawr (1773 – 1860) peint avec tant d’âme et de chaleur dans ce livre le sentiment de l’amitié, qu’on est étonné qu’elle ne lui ait pas donné pour titre le Triomphe de l’amitié. Dans une circonstance importante, Auguste cède à son ami Frédéric toute sa fortune, sacrifice généreux, que Frédéric accepte très-noblement aussi, en homme qui dans l’occasion serait capable du même sacrifice. Plus tard, Auguste est captivé par les charmes d’une jeune personne extrêmement belle, mais dont l’adresse et la coquetterie surpassent encore les grâces et la beauté. Bientôt il va unir sa destinée à celle de l’objet de son amour ; mais il veut que son ami connaisse tout son bonheur, et il l’introduit dans la maison de la belle Amélie. Frédéric est frappé de tant d’éclat et de beauté, l’amour se glisse dans son âme à son insu ; l’adroite Amélie l’enlace dans ses piéges, et a soin d’aiguiser le trait dont il est frappé : elle n’aime ni Auguste ni Frédéric ; mais Frédéric est un plus riche parti. Cependant celui-ci regarde son amour comme une trahison envers son ami : il veut l’étouffer ; mais une circonstance imprévue le trahit et lui en arrache l’aveu, qui est accueilli avec une feinte tendresse. Frédéric repousse le bonheur qui lui est offert, il fuit Amélie, et dans une lettre où, en détestant son amour, il l’exprime avec feu, il lui proteste qu’il ne la reverra que mariée à Auguste. Amélie fait négligemment tomber cette lettre entre les mains d’Auguste, qui, après avoir accusé son ami, revient bientôt à son noble caractère, et va le trouver pour lui persuader d’épouser Amélie. Là commence entre les deux amis un combat généreux, qui se termine par l’acquiescement de Frédéric aux désirs de son ami. Peu après, celui-ci fait la connaissance de Charlotte de Walstein, jeune personne moins brillante qu’Amélie, mais douée de qualités plus solides, et avec laquelle il se marie. Amélie est punie cruellement de sa coquetterie : un coup de pistolet ensanglante et traverse son beau sein, qu’elle avait imprudemment recouvert d’un habit d’homme, pour suivre un de ses amants qui l’avait quittée pour une jeune personne qu’il enlevait.

LE NOVICE, roman du XIVe siècle, 4 vol. in-12, 1828. — Un jeune homme nommé Robert, voué par son père à la vie monastique, a commencé son noviciat à l’abbaye de Saint-Paul. Forcé de sortir de son couvent, occupé par une des bandes armées qui désolaient la France après le traité de Brétigny, il séjourne dans le château de son père. Là il fait connaissance avec une jeune femme, modèle de grâce et de beauté. Bientôt le bruit des armes se fait entendre ; la présence de Bertrand du Guesclin lui inspire l’amour de la gloire. Changer son froc contre une cuirasse, suivre la belle Julienne, qui doit accompagner en Espagne le sire Évrard, son époux, combattre sous les yeux et à côté de du Guesclin, sont des tentations auxquelles l’impatient jeune homme ne peut résister. Il se met en route avec le titre d’écuyer de du Guesclin, et se rend à Saragosse avec l’armée. Après divers incidents, sire Évrard est blessé et laissé pour mort sur le champ de bataille. Robert et Julienne, cédant au sentiment qui remplit leurs cœurs, sont sur le point de s’unir et se jurent une tendresse éternelle, lorsque le jaloux Évrard, guéri de ses blessures, les surprend, et tue sa femme, qui est vengée à l’instant même par son amant. Robert, accablé de douleur, après avoir fait craindre pour sa raison et pour sa vie, s’enferme dans le couvent de Cluny, où il finit par se faire religieux. — Le sujet, dont nous ne faisons qu’indiquer les masses principales, a été traité par l’auteur avec beaucoup d’art et de délicatesse. Sous les sombres voûtes de l’abbaye de Saint-Paul, apparaissent des figures admirables de candeur, de simplicité et d’expression ; il y en a deux surtout, éminemment belles et saillantes : celle de l’abbé du couvent, et celle du bibliothécaire Ambroise. Quelques personnages épisodiques assez habilement placés, contribuent aussi à accroître l’intérêt, et à compléter le tableau de l’état de la société à l’époque du XIVe siècle.

RAOUL, ou l’Énéide, 2 vol. in-12, 1831. — L’histoire de Raoul est fort simple : c’est celle d’un bon jeune homme qui, à force de travail et de patience, surmonte toutes les difficultés de la vie, une à une, comme on gravit les échelons d’une haute échelle. Mais s’il doit beaucoup à son zèle industrieux, il doit aussi beaucoup à un Virgile Elzevier que lui a donné le père d’un de ses élèves, et qui lui procure l’occasion de faire connaissance avec son premier patron. Grâce à ce Virgile, Raoul entre dans une maison de banque où il fait fortune ; grâce encore à ce Virgile, il retrouve une jeune et malheureuse fille qu’il épouse, lui riche millionnaire. Là est tout l’intérêt de ce roman, plein d’idées douces et attachantes, et d’esprit d’observation.

LES FLAVY, 3 vol. in-8, 1838. — Le drame de ce roman commence en 1429, dans la ville de Compiègne, qui est alors en la puissance des Anglais, et où l’on va pendre deux maraudeurs, dont l’un est sauvé de la corde par Regnault de Flavy, son frère de lait. Les deux jeunes gens, si heureusement réunis, vont gagner à travers la forêt le vieux château de Vert-Bois, ancienne demeure des Flavy, maison autrefois opulente et honorée, aujourd’hui désolée et ruinée par les guerres civiles. Dans les ruines de ce vieux manoir, se cachent des femmes tremblantes, l’aïeule des Flavy, et ses deux petites-filles, Germaine et Marie, pauvres enfants qui sont désormais l’appui de la vieille grand’mère. Aux genoux de sa vieille aïeule, Regnault oublie un instant la guerre civile, il est tout entier à ce tendre bonheur de respirer sous le toit domestique : de leur côté, les deux jeunes filles, en retrouvant leur cousin, se souviennent de leurs beaux jours d’enfance à l’air libre et pur, quand elles couraient échevelées à travers la forêt, poursuivies par le jeune Regnault comme le faon timide est poursuivi par le chasseur : la peinture de ce tableau d’intérieur est d’une grande délicatesse. Tout à coup apparaît Guillaume, père des deux jeunes filles, la terreur de ses ennemis, de ses amis, de sa famille, mais sur lequel Germaine exerce un grand empire. À peine avait-il embrassé ses enfants, que deux Anglais égarés viennent réclamer au château l’hospitalité ; dans l’un d’eux Guillaume reconnaît le gouverneur de Compiègne et le tue. Les Anglais accourent aussitôt pour venger la mort de leur chef ; mais ils ne trouvent plus que les deux jeunes filles, qu’ils emmènent à Compiègne, où ils les consignent dans la maison du chef des notables, maître Paulet. Marie et Germaine habitent depuis un mois cette nouvelle demeure, lorsque les Français s’emparent de la ville de Compiègne, dont Guillaume Flavy leur père est gouverneur. Peu après les Anglais tentent sans succès un effort pour reprendre la ville, sous les murs de laquelle ils laissent prisonnier Regnault de Flavy, qui, depuis son séjour au manoir de la forêt, brûle d’amour pour sa cousine. Guillaume était sur le point de faire périr Regnault comme rebelle, lorsque Germaine, tremblante pour son cousin qu’elle aime, obtient sa grâce de son père. Cependant ce n’est pas Germaine qu’aime Regnault, mais sa sœur Marie. Germaine alors se dévoue au bonheur de sa sœur et de Regnault ; elle les unit l’un et l’autre dans une chapelle retirée, malgré le terrible Guillaume, protége leur fuite ; et cette courageuse fille, dont l’amour est détruit et toutes les espérances perdues, ne trouve des larmes que quand ils sont partis. Le roman devrait naturellement finir ici ; mais l’auteur n’en a pas jugé ainsi. Peu de temps après nous retrouvons Germaine seule dans le château restauré de Vert-Bois, où le roman se termine par une catastrophe dramatique. - FIN

  

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