ALHOY (Maurice).

 

 

SOUS LE FROC, 2 vol. in-8, 1836. — Le héros de ce roman, Morand, est un notaire libertin et fort riche, qui, désespérant de séduire Mlle Anna de Mérigny, dont il est épris, parvient à ruiner son père de fond en comble. Quand celui-ci, déshonoré par une faillite, s’est brûlé la cervelle, Morand, en qualité d’ami de la maison, retire chez lui la jeune orpheline, qu’il conduit à Paris pour lui procurer des distractions. Anna fait la connaissance, dans cette ville, d’un jeune homme nommé Stéphane, qui en devient amoureux, et qu’elle paye du plus tendre retour ; mais Stéphane croit découvrir que sa bien-aimée est entretenue par Morand. Le désespoir dans l’âme, il s’éloigne d’elle. Le lendemain, une rapide chaise de poste entraînait vers Lyon deux jeunes voyageurs d’humeur bien différente : l’un, Stéphane, triste, mélancolique, blessé au cœur, et traînant la chaîne rompue d’un amour malheureux ; l’autre, Courbin, garçon vif, jovial, sans souci, d’une gaieté expansive et bruyante. En passant à Joigny, Stéphane, jusqu’alors peu communicatif, apprend à son ami que celle qu’il aime, son Anna, est de Joigny. Cette confidence est suivie du récit complet des malheurs d’Anna et de l’amour de Stéphane. À Châlons, les deux voyageurs quittent la grande route pour monter sur le bateau à vapeur. Parmi les passagers, Stéphane en remarque un qui, profitant d’un moment où il est seul sur le pont, se précipite dans la Saône ; il est sauvé par un chartreux, et l’histoire de ses malheurs forme un touchant épisode. Ce jeune homme est pris en grande amitié par Stéphane et par Courbin, et tous les trois escortent à la Grande-Chartreuse le moine sauveur. Là, les charmes de la solitude et le repos du cloître séduisent Stéphane, qui se décide à se faire chartreux. Courbin, après s’être vainement efforcé de vaincre la résolution de son ami, le laisse au couvent, où il revient le chercher quelque temps après avec la musique d’un régiment de cavalerie. Stéphane retrouve Anna de Mérigny ; l’entretien qu’il a avec elle éclaircit tous ses doutes ; il sait qu’Anna est pure et innocente. Cette jeune fille, obligée de continuer à vivre sous le même toit que le notaire, se résigne à une mort lente et volontaire en ruinant sa santé par l’usage fréquent de l’opium. Les singulières aventures de Courbin dans le Dauphiné complètent le roman, qui se termine par un dénoûment à peu près heureux. — Sous le froc est un roman enjoué, intéressant, qui plaît à la majorité des lecteurs.

 

 

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