AVANT-PROPOS

 

Il importe tout d’abord de dissiper une des plus grossières erreurs de ce temps et des plus néfastes.

Le Captain Cap n’a jamais existé, assure-t-on couramment au sein de certaines sphères d’habitude mieux informées.

Qu’en savent-ils, ces gens ?

J’admets que vous affirmiez l’existence de quelqu’un, quand vous le connaissez, ce quelqu’un, quand, sûr de vos sens, vous l’avez vu, senti, palpé, entendu.

Et encore, se méfier de l’hallucination.

Mais, de ce que les hasards de la vie ne vous ont jamais mis en contact matériel avec un quidam, prétendre et conclure que ce quidam n’existe pas ou n’existe point, c’est pousser trop loin la théorie du regretté saint Thomas.

Raisonnement pareil à celui de ce gentleman qui disait au président du tribunal correctionnel :

— Trois témoins affirment m’avoir vu commettre ce larcin. Mais je vous en citerai, moi, quinze mille qui ne m’ont pas vu !

N’insistons pas.

Le Captain Cap a donc bien existé.

C’était un homme charmant, dont les pages qui suivent diront assez le caractère, les idées, la vie.

Et, d’ailleurs, afin qu’il ne demeure aucun doute sur la réalité de l’existence de notre héros, nous faisons débuter ce recueil par des pièces d’une indiscutable autorité ; 1º les admirables proclamations aux électeurs de la 2e circonscription, IXe arrondissement, desquels il sollicitait les suffrages lors des élections législatives du 20 août 1890 ; 2º les comptes rendus de plusieurs séances électorales où il eut à présenter et à défendre son programme ; 3º l’appréciation de certains journaux de l’époque sur la personnalité de Cap et sur ses idées si originales.

Se permettra-t-on de douter encore ?

Un mot sur le Captain Cap

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