Contes historiques dédiés à la jeunesse - Eugénie Foa (1796 - 1852)

NOTICE SUR MADAME EUGÉNIE FOA

 

Eugénie Foa, née Rodriguès Gradis, naquit, à la fin du siècle dernier, à Bordeaux, de parents israélites, d’origine espagnole. Mariée jeune, elle devint veuve presque aussitôt. L’imagination féconde et la facilité dont madame Foa était douée devaient éveiller en elle le désir d’écrire : elle s’y livra en effet ; et nous apprend elle-même que « son père, M. Gradis, un des premiers savants de Bordeaux, autorisa et encouragea ses premiers essais ». Elle écrivit quelques romans, mais ses contes historiques, seuls, ont fondé sa réputation.

Il serait aujourd’hui superflu de faire l’éloge de ces contes ; qu’il nous soit toutefois permis de faire remarquer que, au-delà du plaisir de raconter et d’être lue, l’auteur eut un but sérieux : c’est plus particulièrement parmi ceux qu’une naissance obscure et la pauvreté semblent éloigner de la célébrité qu’elle a choisi ses modèles, afin de stimuler l’ardeur de la jeunesse, en prouvant que le travail, la probité et la persévérance conduisent au succès.

Madame Foa était elle-même l’éditeur de ses ouvrages ; souvent les enfants, auxquels on avait promis ses livres en récompense, demandaient pour plus grande faveur d’être conduits chez elle afin de les tenir de sa main.

La perte de la vue, qui l’affligea pendant les dernières années de sa vie, ne put interrompre ses travaux : elle dictait ses contes à ceux qui l’entouraient.

Madame Eugénie Foa mourut à Paris, au commencement de l’année 1853. Quelque temps auparavant elle avait embrassé la religion catholique.

 

 

 

 

MADAME EUGENIE FOA A SES JEUNES LECTEURS

 

Madame de Maintenon, dont je vous retrace l’enfance dans un de mes contes, écrivait à M. de Noailles :

« Ne connaîtriez-vous pas un bel esprit qui eût un appétit égal à son mérite, et qui n’eût pas un revenu égal à son appétit ? de mon temps cela se trouvait. Eh bien ! je voudrais qu’il me fît pour mes enfants (les élèves de Saint-Cyr) de petites histoires qui ne leur laissassent dans l’esprit que des choses vraies... »

Bien que, certes, et, Dieu merci ! je ne sois pas un bel esprit, c’est l’idée de cette femme célèbre que j’ai désiré réaliser dans cette série de récits anecdotiques. Je veux que l’histoire, dégagée par moi de tout ce qu’elle a de trop sérieux, vous soit présentée sous une forme assez agréable pour qu’elle vous séduise ; assez exacte pour qu’elle imprime dans votre mémoire des souvenirs utiles. Je ne veux vous raconter, de la vie des personnages célèbres, que les scènes de leur enfance ou de leur jeunesse qui peuvent le plus vous intéresser et vous émouvoir. Les diverses classes de la société, les diverses professions, chez toutes les nations et à toutes les époques, ouvrent à mon choix une assez vaste galerie pour que mes récits et mes portraits vous offrent la variété qui plaît à votre âge, et pour que chacun de vous puisse trouver parmi les héros de mes contes un modèle de la vertu qu’il préfère ou de la gloire qu’il ambitionne. Tâchez, mes chers lecteurs, de venir vous-mêmes prendre place un jour dans cette collection. - Eugénie Foa.

 

 

 

 

NOTE DE L’EDITEUR

 

Le but que se proposait cette aimable et regrettée conteuse est devenu le nôtre, dès que nous sont échus le droit et le soin de publier ses œuvres. Il nous a semblé ne pouvoir mieux interpréter sa pensée qu’en classant méthodiquement, dans des cadres spéciaux, ses contes vrais, si pittoresques, si variés, et publiés jusqu’alors, sans plan régulier, dans une multitude de journaux éphémères, de brochures, de mélanges, etc., à mesure qu’ils sortaient de la plume facile et capricieuse de l’auteur.

Convaincu que le public nous saura gré de présenter à la jeunesse les récits qu’elle aime sous une forme instructive, nous avons recueilli les Contes historiques et nous les avons répartis en douze volumes distincts, qui réunissent chacun un ordre spécial de célébrités.

 

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